Le recyclage est devenu aujourd’hui indispensable. Mais pourquoi recycler une matière qui possède encore tout son potentiel ? C’est tout le principe de la récupération textile, appelé rescapage textile chez Next Chance. Plutôt que de défaire la matière pour la transformer, il s’agit de préserver sa valeur et son potentiel, en lui offrant une seconde vie sans passer par le recyclage.
Recyclage, récupération... C’est quoi la différence?
Chaque année en octobre au Canada, le mois de l’économie circulaire invite à repenser notre rapport aux ressources. Pour l’occasion, Next Chance revient à l’essence même de son histoire : le rescapage textile.
Pour commencer, il faut savoir que la récupération agit bien avant qu'un matériau devienne un déchet. Tandis que le recyclage, lui, intervient après. Le recyclage consiste ainsi à transformer un déchet en une nouvelle matière première. Ce procédé est très utile mais il demande généralement de l'énergie, de l'eau, des procédés industriels et parfois l'ajout de fibres vierges pour maintenir la qualité du tissu.
Contrairement au recyclage, la récupération consiste à sauver une matière qui existe déjà mais qui est destinée à être jetée, détruite ou laissée inutilisée. La récupération permet donc de :
Préserver les ressources existantes en conservant les propriétés et la qualité des matières.
- Limiter la consommation d'énergie et d'eau en évitant certaines étapes de transformation industrielle.
- Prolonger la durée de vie des textiles en leur donnant une nouvelle utilité.
- Réduire la production de déchets en intervenant avant que les matières ne soient éliminées.
Dans une logique environnementale, il est donc généralement préférable de privilégier la récupération et le réemploi avant le recyclage.
Le rescapage textile chez Next Chance, comment ça fonctionne?
Dans le cas de Next Chance, elle a fait le choix conscient d’adopter la récupération comme modèle d’approvisionnement, communément appelé rescapage dans l’entreprise, afin de proposer des produits qui sont le plus écoresponsable possible.
L’entreprise s’approvisionne en résidus textiles post-industriels, soit de tissus neufs provenant des rejets de production de l’industrie de la mode, que ce soit des fins de rouleaux ou retailles. Il s’agit de la première étape du rescapage textile : “On se rend chez des manufactures et des designers locaux, dans la grande région de Montréal principalement, puis on rescape les matériaux qui sont un surplus afin de leur donner une seconde vie”, explique Maude, cofondatrice de Next Chance.
Ensuite vient l’étape du triage. « À l’entrepôt, on s’assure de trier les textiles afin de revaloriser au maximum chaque tissu récupéré. On fait aussi toujours en sorte, quand c’est possible, de revaloriser nos propres retailles textiles. Par exemple, nos ornements de Noël sont rembourrés avec nos petites retailles textiles issues d’autres produits », précise Gabrielle, cofondatrice de Next Chance.
Une fois les tissus triés, vient toute l’étape de création de collections. Chez Next Chance, chaque tissu est considéré comme « rescapable ». « C’est à nous de réfléchir à la manière dont on peut leur donner une seconde vie, grâce à tout un travail de créativité réalisé à l’interne. », explique Maude. Selon les caractéristiques et les quantités de tissus disponibles, la matière se verra attribuée de manière créative dans certaines gammes ou produits.
Vient ensuite l’étape de la production. Les tissus sont donc coupés, assemblés et cousus pour être transformés en de nouveaux produits. Toutes les retailles générées par Next Chance lors de cette transformation sont conservées afin de les réinsérer dans le prochain processus de tri.

Revaloriser : une action encore bien trop rare ?
Aujourd’hui, le recyclage est beaucoup plus répandu que la récupération. Lorsqu'une entreprise communique sur l'économie circulaire, elle parle souvent de textiles recyclés, fibres recyclées, polyester recyclé, coton recyclé… Mais d’un point de vue environnemental, la récupération est considérée comme prioritaire.
Preuve en est, les quantités de textile éliminées au Québec ont augmenté de 114 % en 12 ans, pour atteindre 344 000 tonnes en 2023 selon Recyc Québec.
Un chiffre aussi préoccupant renforce la volonté de Gabrielle et Maude de poursuivre leurs efforts et d’aller même encore plus loin dans leur mission. “Notre plus grand rêve serait de développer une gamme de produits qui permette de rescaper des textiles issus du post consommation : des vêtements qui ont été portés, des rideaux ou des coussins qui ont été utilisés…”, confie Gabrielle.
Si le recyclage possède une catégorie statistique officielle, la récupération textile est encore une pratique émergente et est encore trop peu documentée.
Plus qu'une approche, le rescapage est la façon dont Next Chance voit la matière : chaque tissu mérite une seconde vie.
La vision de Next Chance s’inscrit dans un engagement plus bien plus large : celui de repenser les façons de produire et de consommer, en plaçant l’impact social et environnemental au cœur de l’entreprise. Depuis octobre, Next Chance est fière de détenir la certification B Corp, une reconnaissance internationale qui distingue les entreprises à but lucratif répondant à des normes rigoureuses en matière de performance sociale et environnementale, de transparence et de responsabilité.

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